Un peu d’histoire sur Tessancourt


Un peu d’histoire sur TESSANCOURT




TAXICURTIS

Dans le nom ancien de Taxicurtis, la finale « Curtis » signifie cour ou basse-cour, et peut être définie comme la partie d’un « mense » clos de murs ou de haies. Cette ferme devint le noyau du village que nous trouvons sous le nom moderne de Tessancourt.


Une charte de Galeran premier, datée du château de Meulan en octobre 1056 et souscrite par Renaud, neveu de Hugues premier, fait mention de Tessancourt, comme une terre ayant été donnée aux moines de Jumièges.

En 1069, l’église de Tessancourt fut donnée à l’abbaye du Bec-Helloin, par Hugues, comte de Meulan, pour le repos éternel de ses parents et d’Eudes, fils de Jean, prévôt de Meulan, lequel présenta la charte de donation au roi Philippe, alors au château de Poissy, pour qu’il l’approuva de sa signature.
Cette charte était ainsi conçue :

« En l’an de l’incarnation du seigneur 1069, moi, Hugues de Meulan, fils de Galeran, veux qu’il soit connu de tous, présent et à venir que pour la rédemption et pour le salut de l’âme de mon père, de ma mère et de Jean, fils d’Odon. J’ai fait donation au monastère du Bec-Helloin, qui a été construit en l’honneur de la Sainte-Vierge Marie, du village appelé Tessancourt, sous cette condition que les moines dudit monastère auront pendant ma vie la dîme du village et posséderont après ma mort, la totalité de ce qui le compose. »
A cette donation ont assisté Guillaume, archidiacre de Chartres; Hugues, fils de Gaultier de Poix; Girard de Luzarches, Odon de Montmorency, le roi Philippe, fils du roi Henry, étant au château de Poissy l’a confirmé de sa main et marqué de son sceau.

Par la charte de 1142, donnée aux habitants de Meulan, ceux de Tessancourt sont exempts des redevances du droit de coutume et tonlieu sur les denrées et marchandises qu’ils apportent au marché de Meulan.

Nota: Le livre sensier de Saint-Niçaise (Nicolas Davanne, recueil d’actes et contrats) nous apprend que la donation de bien qui avait été faite au couvent Saint-Niçaise, comprenait une métairie, de grands bâtiments et un enclos, le tout contenant 70 arpents d’héritage. Les moines faisaient valoir ce domaine, là où il n’y avait que des marais, ils créèrent des étangs, dont celui de Gaudimont, qui s’étendait de la chaussée de Tessancourt remontant vers le nord du village dans la vallée de Condécourt, il avait encore 50 arpents, la dîme de cet étang fut donnée par Galeran au monastère de Saint-Niçaise en 1132

En 1136, Robert, comte de Meulan, fit donation de différents biens situés à Tessancourt, en faveur de l’église de Liancourt.

Dans cette paroisse , la viticulture était à cette époque en progrès croissants pour se conformer aux volontés du donateur, les moines de Saint-Niçaise, par un acte capitulaire de 1232, il fut arrêté que le vin rouge et blanc du clos de Tessancourt serait désormais employé tout entier à l’usage de la communauté sans rien en vendre ni soustraire.

Dans le premier quart du XIIIe siècle , un certain Raoul Vétitus qualifié seigneur de Tessancourt, reconnaît tenir du roi Philippe-Auguste comme il tenait du comte de Meulan, tout ce qu’il possède à Tessancourt, cinq arpents de vigne, les droits de herbages, deux hostises, et les droits seigneuriaux, en échange, il devait fournir le service de chevalier et un mois de guet.

En 1250, Hugues de Bautellu (Bauthelu), curé de Reilly, fait don au prieur de ses vignes de Tessancourt.

L’ancien manoir des premiers seigneurs de Tessancourt était situé proche de la rivière de l’Aubette. Ce fief de la Marêche convertie aujourd’hui en exploitation agricole prit le nom de Banthelu.

Vers la fin du XIIIe siècle, un cadet de la famille Henri de Banthelu, Jean de Banthelu, devint seigneur de Tessancourt et fit construire un château nommé Horzeaux dont il ne subsiste aujourd’hui que la porte principale; bâti sur une butte rocheuse, il occupait une bonne situation, ses dépendances étaient nombreuses, il n’en reste plus que le moulin.

La description de ce domaine est contenue dans un contrat passé le 3 Juin 1456, devant Jean Duval, tabellion à Meulan. «Noble homme Jean Riconi dit Villeneuve , écuyer, vend à titre perpétuel à messire Jallain, bourgeois de Meulan et à Isabeau, sa femme , l’hôtel, cour, colombier, jardin, moulin, prés, bois, aulnaie, pêcherie, pâturages, cens, rentes, revenus et possession de Tessancourt, qui étaient et appartenaient à Jean de Banthelu en son vivant, écuyer, mouvant et tenant du seigneur de Gaillonnet, moyennant XXXJX livres VJ sols et VJ deniers, payés en XV écus d’or, valant XXVIJ sols et VJ deniers tournois, et une soulte que le dit écuyer vendeur confesse avoir eue et reçue »

Oudard de Cauperel, écuyer, prévôt de Meulan en 1515, marié à Marguerite de Sence, succédaient aux Jallain, ils eurent deux filles, Nicolle et Jeanne. Nicolle de Cauperel épousa Yves de Vion, seigneur de Puiseux sur Seine, lieutenant-général à Meulan et eut en dot une partie de la terre de Tessancourt. L’autre partie de cette terre fut donnée à sa soeur Jeanne de Cauperel, lors de son mariage avec Denis de la Planche, seigneur de Gaillon, prévôt de Meulan. Quelques temps après un accord fut conclu; la totalité de la seigneurie de Tessancourt passa dans la famille de Vion. De son mariage, Yves de Vion eut trois enfants, Jérôme, Marie et Claude. Devenu veuf en 1536, il épousa Marguerite d’Aubourg, dame de Percheux et eut de cette union trois enfants. Après la mort d’Yves de Vion survenue le 12 février 1568, son fils Jérôme de Vion mourut célibataire en 1547, ce fut François de Vion, l’ainé des enfants de son second mariage qui hérita de la seigneurie de Tessancourt. Marié en première noce à Louise de Buchet, morte sans postérité, il s’allia, le 23 mai 1571, à Pernelle de Joigny.

La pierre tumulaire adossée au mur méridional de l’église de Tessancourt porte que: François de Vion était un des cent gentilshommes de la maison du roi et écuyer de Saint-Germain-en-Laye, seigneur de Tessancourt, Orzeaux et Puiseux-sur-Seine et que sa femme Pernelle de Joigny, fille de haut et puissant seigneur, messire Antoine de Joigny, chevalier de l’ordre du roi, baron de Bellebrune, seigneur de Marle et Thurbingheim. De ce mariage était sorti cinq enfants, dont l’ainé Denis de Vion fut seigneur de Tessancourt, Orzeaux, Grosrouvres et Pintères, par contrat passé devant Jacques Godard, tabellion de la Châtellenie de Mézières (près de Dreux), il avait épousé, le 22 février 1599, Hélène de Villiers, fille de Charles de Villiers, seigneur de Radegonde et de Geneviève de Croizette, dont sorti Henri de Vion et Pierre de Vion.

Au décès d’Hélène de Villiers, survenue le 20 mars 1619, Denis de Vion épousa le 26 octobre suivant dame Jeanne de Piedefer, veuve de Gille de Barville, Denis de Vion mourut le 11 mars 1641, et fut inhumé en l’église de Tessancourt. Jeanne de Piedefer lui survécut quelques années, se remaria avec Jacques de Damas, seigneur des Tournelles. Elle décéda à Grosrouves le 29 octobre 1659, et ses restes furent transportés à Tessancourt. Henri de Vion fils aîné de Denis, né en 1606, se maria le 4 novembre 1630, à Anne de Barville, issue du premier mariage de Jeanne Piedefer. Le 11 mars 1644 il soutint un procès contre Claude de Lorraine, abbé du Bec-Helloin qui se qualifiait indûment de seigneur de Tessancourt.

Henri de Vion, décéda le 10 mai 1663, au château de Tessancourt, où était morte Anne de Barville, le 12 juin 1647, ils furent inhumés, dans l’église de Tessancourt. De leur union était sortis six enfants, dont Jean-François de Vion, qui fut seigneur de Tessancourt; marié à Gabrielle Le Coigneux, il en eut trois enfants. Jean-François de Vion, mourut le 20 novembre 1685, et à la fin de décembre de la même année décéda sa femme Gabrielle le Coigneux.

René de Vion, leur fils aîné fit, en 1698, registré ses armes à l’armorial de la généralité de Paris. En 1701, il épousa Marie de Barville, fille de Robert de Barville, qui mourut sans hoir de son corps. René de Vion épousa en seconde noce Marguerite de la Salle Carrière, dont il eut trois filles: Marguerite-Françoise-Geneviève, dame de Maisoncelles; Elisabeth-Françoise-Geneviève, dame de Mallancourt et Marie-Anne de Vion, dame de Tessancourt. René de Vion mourut en 1740.

Marie-Anne de Vion, mariée à Joseph-Marie de la Motte, comte de Montmorin, vendit la terre de Tessancourt à Jean Philippe François de Vion, seigneur de Gaillon et à Catherine de Gars, son épouse, moyennant la somme de 72.200 livres. Le 21 avril 1758, François Philippe de Vion, céda à François Jacques de Grouchy, seigneur de Sagy, Villette et Condécourt, le fief de Jean de Villette, en partie, et, le seigneur de Grouchy, cède la chapelle et tous les droits d’icelle lui appartenant, comme bénéficiaire de Pierre Michel Cousin, conseiller du roi procureur général du roi, et comme seigneur de la Maraiche, nommé autrefois le fief de Banthelu, dont François de Grouchy était encore seigneur du fief de Banthelu; les droits de la chapelle de Tessancourt lui appartenant. Le registre censier, de la seigneurie de Tessancourt, fait par Antoine de Vion, chevalier, seigneur de Gaillon-Tessancourt est accompagné de lettres patentes du roi, du 22 mai 1777.

Cette terre de Tessancourt, comprenait plusieurs fiefs. Le fief de Sautour, le fief de Lèvemont, situé au Fort de Meulan, le fief de la Coquillière, ou d’Orzeaux; le fief de Moulin-Neuf ou d’Orzeaux; le fief de Pouillère; le fief des Commieux; le fief de Campreny; le fief de Banthelu au hameau de la Maraîche auquel le seigneur de Gaillonnet avait un droit, qu’il avait abandonné à celui de Gaillon; le fief de Saint Niçaise, contenant le tout de 170 arpents et un fief nommé Luce, sis à Nucourt, près de Magny.

Le fief de la prévôté des chevaliers, et de Jean de Villette, au lieudit le carrefour du lieu tenant du côté au jardin du curé. La ferme de la Prévôté de Tessancourt était d’un produit de 10 livres et fut estimée 140 livres puis vendue, à titre d’engagement et rachat perpétuel; elle fut donnée au duc François d’Alençon qui l’aliéna.

Le fief de l’église, que possédait celle-ci comprenait: 1° l’église, 2° le cimetière et pourtour, 3° un arpent de terre sur le territoire, relevant toujours du seigneur suzerain de Meulan. Par acte passé devant Me Chesnou, notaire à Meulan, du 16 mars 1780, Antoine de Vion déclare que sa terre et seigneurie de Tessancourt, relevait du roi et du Prince de Conti et qu’elle consistait dans les fiefs énumérés en 1777, plus le domaine non fieffé; le lieu seigneurial de Tessancourt où était le château.


Le lieu seigneurial était devant le château, et consistait en un bâtiment nécessaire pour l’exploitation d’une terre, colombier, volière, cour et jardin fermé de murs, terre, bois, saulaie, pâturage et friches, contenant 37 arpent 27 perches et un quart, sis au lieudit des Horzeaux, tenant d’un côté à l’Orme, le chemin et sentier qui va en bas de Tessancourt à la chaussée pavée de Meulan à Magny. Plus cinquante perches de bois taillées, un pressoir et bâtiment et le moulin des Orzeaux. De l’ancien domaine composant les biens de la ferme le Couldray, dont les bâtiments furent démolis en 1666, suivant la permission de M. Maximilien François de Bétume, lieutenant général de Mantes et Meulan après l’enquête faite par M. de Blois, le 11 avril 1666.

Les 68 arpents et demi de terre dépendant de l’ancien domaine furent affermés par les moines de Saint Niçaise, à Denis Ravanne, fermier et receveur de la terre et seigneurie de Tessancourt, moyennant la somme de 340 livres payable au jour de la fête de la Saint Jean-Baptiste par bail passé devant Darlingue le 29 décembre 1736. Le fief de Saint Niçaise consistait en 72 arpents, 4 deniers de censives à prendre sur les 50 arpents d’héritage, vignes, terres labourables. Ainsi qu’il en est spécifié dans les fois et hommages faits par M. de Vion, le 7 décembre 1637, Henri de Vion en 1645 et Jean François de Vion en 1666.

Dans le registre de 1777, il est fait mention de plusieurs pièces de vignes assez importantes et tenues en grande partie par des particuliers, comme Antoine Emmanuel Lebeau, greffier au bailliage d’Evecquemont qui, en 1777, possédait plusieurs biens à Tessancourt. Les archives de la fabrique de l’église de Tessancourt, renferment plusieurs déclarations entre les années 1583, 1584 et 1616 à 1632, du sieur Thomas Girout, de Antoine Prévot, la dame Alagille, Jean et Guillaume Marmoisin, Christophe Gara l’aîné, fermier et receveur du temporel du prieuré Saint Cosme et Saint Damien de Meulan, donne à l’église et paroisse de Tessancourt en mémoire de son père Guillaume Gara, en son vivant archer du roi, l’héritage suivant:

Un quartier de vigne assis au territoire du dit Tessancourt, au lieudit Horzeaux, à charge de faire prier pour lui. Le sieur Guillaume Cappi, fit une déclaration pour deux quartiers de vigne, situés aux Horzeaux.

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La liasse 22 (archives de l’église de Tessancourt) est formée d’un acte du 14 novembre 1638, par lequel le curé et les marguilliers de l’église Saint Nicaise de Tessancourt font aveu, dénombrement des biens et d’héritages, appartenant à la fabrique, quelques autres pièces; entre autre celle de Jean Baptiste Froment, marchant apothicaire, à Meulan, qui confesse tenir et avoir tenu à titre de fief conditionnel annuel et perpétuel pour lots, ventes, saisines et amendes, deux quartiers de vignes, sis aux Horzeaux. Dans le chapitre des recettes de la fabrique de l’église de Tessancourt il est rapporté qu’en l’année 1658, le fermage des prés fut adjugé à un nommé Eustache Mabille moyennant 45 livres (archives de la fabrique de l’église de Tessancourt).

Parmi les anciens testaments renfermés dans le liasse 22 , se trouve celui de Renée-Madeleine de Vion, portant la date du 29 décembre 1699.



Par devant Jean le Boucher prêtre curé de Saint Nicolas de Tessancourt, doyenné de Meulan, dans le Vicariat de Pontoise, diocèse de Rouen, fut présente en sa personne demoiselle Renée-Madeleine de Vion, fille de défunt Pierre de Vion, chevalier, seigneur de Grosrouvre et de défunte Dame Charlotte de Damas, ses père et mère, demeurant au dit Tessancourt.

« Veut et entend ladite testatrice qu’aussitôt son décès, son corps soit enterré et inhumé dans l’église de Saint Nicolas de Tessancourt, au lieu que M le curé dudit lieu jugera à propos, et pour ses funérailles et services elle reconnaît toutes choses à la bonne amitié et à la disposition des messieurs ses frères et mesdemoiselles ses soeurs ».

Plus elle donne à la fabrique de la dite église un collier de perles fines avec une cuillère et une fourchette d’argent et une bague d’or enchâssée d’une turquoise avec ses deux petits diamants: à condition que Louise-Jeanne de Vion Thionville, sa soeur, vendra au profit de la dite église ses susdits colliers de perles fines, cuillère et fourchette d’argent. La dite bague, l’argent qui en proviendra en sera mis entre les mains du curé ou marguillier pour constituer des rentes et revenus pour que les dits marguilliers fassent dire et célébrer à perpétuité des messes basses au prorata des revenus que pourra produire.

La testatrice donne à René de Vion, seigneur de Marcouville, son frère, son lit entièrement garni, les tapisseries de sa chambre. La dite testatrice dit que le don qu’elle fait à son dit frère de Marcouville demeure et soit mis entre les mains de sa soeur de Thionville jusqu’à ce que son dit frère puisse avoir tout ce qu’elle lui donne après son décès.

Elle donne à sa soeur aînée Marie de Vion, demoiselle de Grosrouvre, la moitié de son linge et de ses habits.

Elle donne à sa soeur Louise-Jeanne de Vion, demoiselle de Thionville, l’autre moitié de son linge et de ses habits, à sa servante, Marie Lambert, une pièce d’étoffe blanche et sa fille Marie une jupe de futaine.

Enfin pour exécuteur du présent testament, elle choisit Messire Jean de Vion, chevalier, seigneur de Gaillon, son cher cousin, qu’elle supplie de vouloir prendre la peine sans y vouloir rien diminuer.

Entendu et être sa dernière volonté fait et passé l’an mil six cent quatre vingt-dix-neuf, le vingt-neuf décembre en présence de Jacques Hoget, meunier, et Henri Duthuit, vigneron, demeurant à Tessancourt, témoins, ont signé avec la dite testatrice.



En 1687 avait lieu en l’église de Tessancourt, l’érection de la confrérie de Saint Nicolas, suivant la requête présentée par Jean Le Boucher, curé de Tessancourt, le 5 décembre 1687.

Les marguilliers de Tessancourt prétendaient que la fabrique du dit lieu possédait un fief sur le terrain de Tessancourt, (archives de la fabrique de Tessancourt. Transaction entre Maître Antoine de Vion, Marquis de Gaillon, seigneur de Tessancourt et la fabrique de Saint-Nicolas de Tessancourt), dont le domaine non fieffé consistait dans un terroir qui formait l’emplacement de l’église et du cimetière; leur circuit et pourpris, le tout clos et fermé de murs, tenant d’un côté le presbytère et des autres parts les rues, plus un arpent de terre, sis au lieu dit le grand poirier, tenant d’un côté, la seigneurie et d’autre côté, les sieurs Dailly, Goimbault et Maheu, d’un bout le chemin de Longuesse à Meulan et d’autre bout le seigneur au lieu de M. Levrier, représentant M. Beauchamp. La fabrique possédait encore dans l’étendue du terroir de Tessancourt une maison servant de logement au maître d’école et trois perches de jardin attenant. Dix arpents cinquante-cinq perches de terres et prés divisés en vingt-six pièces dont on ne trouve pas de déclaration au Terrier de la seigneurie.

A cette époque (1780) où le seigneur de Tessancourt faisait renouveler son Terrier, le marguillier en charge se proposait de lui rendre le foy hommage du fief mentionné et de lui passer déclaration en franche aumône du surplus des autres biens appartenant à la fabrique.

Le dit seigneur, marquis de Gaillon, contesta cette foy hommage, parce qu’il ne reconnaît pour dépendance du dit fief que le domaine fieffé qui consistait le terrain qui formait l’emplacement de l’église et celui du cimetière, et la part de terre située au Grand Poirier.

Le marguillier convenait que la fabrique n’a pas de titre de possession du domaine fieffé, mais il soutenait que ce fief avait existé et qu’il avait été reconnu en 1715 par le seigneur de Tessancourt.

Pour terminer ce différent à l’amiable, les parties transigèrent sur le tout par la transaction suivante:



« Aujourd’hui dimanche neuf du mois d’avril mil sept cent quatre-vingt, en assemblée du sieur Curé syndic, anciens marguilliers, et principaux habitants de la paroisse de Saint Nicolas de Tessancourt, annoncée au prône par le sieur curé et convoquée au son de la cloche, dit en manière ordinaire à l’issue de la messe paroissiale, sur ce qui nous a été remontré par Jacques Guignard, marguillier en charge de la paroisse que la fabrique de Tessancourt possède un fief sur la terrain du dit Tessancourt, dans le domaine non fieffé, consiste dans le terrain qui forme l’emplacement de l’église et cimetière, leur circuit et pourpris, plus un arpent de terre au lieudit le Grand Poirier. Le marguillier renonce expressément à réclamer aucun domaine fieffé sur la seigneurie de Tessancourt et se désiste de toutes prétentions de cens, lods et ventes et de tous droits seigneuriaux ».

De son côté, le seigneur consentait que tous les héritages que la fabrique possédait en roture soient et demeurent grevés seulement d’un denier de cens en reconnaissance de la seigneurie directe payable au jour de Saint Rémy à chaque mutation. Le dit cens comportait cependant défaut et amende à l’échéance suivant la coutume, même lod et vente, saisie en cas de vente et le dit cas de vente arrivant, les héritages entre les mains de l’acquéreur demeureront chargés au prix de un sol parisis par arpent payable alors annuellement le jour de la Saint Rémy.

« Conformément aux conventions passées entre la fabrique de l’église de Tessancourt et le seigneur du lieu, acte passé devant Maître Chesnou, notaire et contrôlé à Meulan le 16 avril 1780, signé Challan. Certifié rentable par ledit Guignard en présence des témoins. Denis Bourgeois, Léonart Nogret, Jean Henry Mallet et Guillin, curé de Tessancourt et Chesnou ce dernier avec paraphe ».



En 1777, le seigneur de Gaillon, avait par considération personnelle autorisé le sieur de Grouchy, à chasser en personne sur une étendue de 44 arpents de terre, mais sans pouvoir y envoyer ses gardes de Villette et de Condécourt. Cet arrangement de chasse ne devait durer que pendant la vie du sieur Grouchy, tant qu’il serait seigneur de Villette, et ne point passer à ses successeurs après quoi le seigneur de Gaillon devait rentrer dans l’exercice de son plein droit.

Le 30 fructidor An VII, le citoyen Henri Grouchy, propriétaire de biens fonds, dans la commune de Tessancourt, et possesseur de plusieurs chiens propres à la chasse du loup, renard, blaireau et autres bêtes nuisibles, adressa une lettre à l’administrateur du district, pour qu’il lui soit accordé une permission de chasser dans l’étendue du canton de Meulan, pour pouvoir vaquer à la destruction des animaux nuisibles, sauf à représenter les têtes des animaux qui auront été tués.

Cette demande se termine ainsi: « Salut et Fraternité », signé Henri Grouchy meunier patenté à Tessancourt, (Archives de la ville de Meulan)

La quittance d’imposition sur les habitants de la paroisse de Tessancourt pour leurs droits d’usages, présente un intérêt trop réel pour que nous n’en fassions simplement mention. Cette pièce d’archives n’est que d’un seul feuillet dont le recto porte:




De par le Roy,

Jean Phelypeaux, chevalier,

Conseiller du Roy en son Conseil d’État,

Intendant de la généralité de Paris.


Il est ordonné au syndic de la paroisse de Tessancourt, élection de Mantes, en la présente année d’imposer sur les habitants taillables de ladite paroisse, et au sol la livre de leur cotte, la somme de neuf livres huit sols cinq deniers : savoir, celle de sept livres dix-huit sols cinq deniers y compris les deux sols pour livre, à quoy les habitants de la dite paroisse ont esté taxez au conseil pour six ans quatre mois de jouissance de leurs droits d’usages échus au premier may 1708, suivant le rolle qui en a esté arrêté au conseil du 4 septembre de la dite année et celle d’une livre dix sols pour le droit de quittance, contrôle et frais d’icelle; le tout conformément à l’Edit du mois de may 1708 et déclaration du 28 juillet en suivant :

Faisons défense au syndic de mettre à exécution le rôle de la dite imposition, qu’après que le subdélégué de la dite élection, l’aura vérifié et rendu exécutoire, à peine de tous dépens et dommages et intérêts, à telle autre peine qu’il échera, et sera tenu ledit syndic de payer la dite somme de neuf livres huit sols cinq deniers entre les mains de Louis le Lièvre, ses procureurs, commis ou préposés, sur leurs simples quittances en deux paiements égaux; le premier au premier février prochain, le second trois mois après, à peine par ledit syndic d’y être contraint par les voyes portées per ledit Edit, et déclaration du Roy des mois de may et juillet 1708.

Fait à Paris, le vingt-sixième jour de octobre mil sept cent huit.

Signé : PHELYPEAUX

Au bas de cette quittance est le reçu libellé ainsi:

« J’ay reçu du syndic la somme de neuf livres, huit sols, six deniers, ce 20 mars 1709 », (Archives de la fabrique de Tessancourt, n°29 ).

Au verso, est écrit le reçu signé de François Bourgeois Lainé qui confesse avoir reçu cette somme des mains du curé de Tessancourt


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Le 2 septembre 1789, une dénonciation fut adressée à l’assemblée nationale, contre le curé de Tessancourt au sujet des déprédations commises par lui sur les terres de son bénéfice. Il était accusé d’avoir fait abattre huit ou dix arbres, frênes et ormes et arracher une haie d’épines qui était au bout de son bénéfice.

Le 4 novembre 1789, Louis Laisné, archer huissier, se transporta en la paroisse de Tessancourt à l’effet de vérifier si réellement on avait coupé et arraché différents arbres appartenant à la cure. Il se rendit chez le sieur Henri Cochin, syndic de la paroisse qui lui dit qu’il avait non seulement connaissance de la spoliation faite sur la terre de la cure, « mais même quelques habitants lui avaient porté des réclamations sur cet entreprenant curé qui s’était également permis de désoler les terres et arracher les vignes ».

Le curé convint qu’il avait fait abattre 8 ou 10 arbres, frênes et ormes et arracher une haie d’épines qui était au bout de son bénéfice, ajoutant que ces frênes pouvait avoir de 8 à 10 pieds de haut, que par suite des émondages qu’on leur faisait tous les 9 ans la tête en était gâtée et que les voisins se plaignaient de leur voisinage qui portait tord à leur récolte.

Après une enquête constatant la vérité de tous ces faits et un certificat des habitants de Tessancourt, M. Challan, procureur du roi au bailliage de Meulan, adressa une lettre au comité de Paris dans laquelle il constate que cette coupe était antérieur au décret de l’assemblée, qu’en conséquence Monsieur le curé de Tessancourt ne pouvait être inquiété, et tout en approuvant le zèle du procureur, le prie de rendre la justice qui est due à Monsieur le curé de Tessancourt.

Le 22 juillet 1804, l’abbé Auvray curé de la paroisse de Tessancourt, à l’issue de la grand’messe, réunit son conseil de fabrique à l’effet de prendre une délibération, en conformité de l’ordonnance de l’Evêque de Versailles du 13 janvier, concernant la location des chaises et des bancs.



La fabrique étant dans l’impossibilité d’établir des chaises et des bancs:

« Considérant que toutes les femmes sont dans l’usage d’apporter leur chaise, nous avons arrêté que chaque chaise paierait pour la place qu’elle occupe vingt-cinq centimes chaque année ».

« Considérant que les bancs qui sont dans l’église appartiennent à la fabrique, n’ont ni prie-Dieu, ni dossier, il a été arrêté que les dits bancs paieront également 5 sols »

Par un contrat d’échange passé entre Maître Edme-Jean-Louis Guyot, négociant à Paris, propriétaire à Tessancourt, et Jean-Nicolas Balleux, maire de la commune, et autorisé par un décret impérial rendu par Sa Majesté l’Empereur et Roi au quartier impérial de berlin, le 20 novembre 1807. la commune de Tessancourt cède et abandonne au sieur Guyot six hectares soixante centiares ou environ de marais y compris les berges, communément appelés les grands et petits marais. En échange le dit Guyot cède à la commune une maison construite de neuf, formant deux corps de logis sis sur l’emplacement ci-devant proche de l’église dans laquelle demeurait le desservant et le maître de la petite école.



Dans le registre du 27 février 1827, le trésorier de la fabrique, constate que les recettes sont arrêtées à la somme de 78 francs.

Le dimanche 22 décembre 1816, après convocation faite et annoncée au prône de la messe paroissiale; les membres de la fabrique de l’église Saint-Nicolas de Tessancourt se sont assemblés aux fins de délibérer sur les moyens d’éviter à l’avenir les accidents qui sont arrivés aux cloches par la témérité et l’imprudence de ceux qui les ont fait sonner dans le temps des inhumations pendant lesquelles les sonneries des deux cloches ont été cassées en différentes fois, sur quoi délibérant il fut arrêté que le soin de sonner les cloches serait confié à Louis Prévost, maître d’école, et à Jean-Baptiste Honoré Bourgeois, bedeau.

En 1837, le cimetière qui se trouvait autour de l’église fut transféré au lieudit la Cavée et converti en place publique. Le village renferme de nombreuses carrières de pierres assez renommées. L’agriculture est la seule industrie des habitants qui sont au nombre de 292. 





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