Quelques mots sur notre Eglise de Tessancourt

L'église de Tessancourt, placée sous le vocable de St-Nicolas, dépendait du diocèse de Rouen, du vicariat de Pontoise, doyenné de Meulan; le droit de nommer à la cure appartenait à l'abbaye du Bec-Hellouin, à qui cette église avait été donnée en 1069. Les travaux qu'y firent les moines, pour rendre prospère ce lieu inculte, nous permettent d'avancer, que trouvant à leur disposition dans le sol de Tessancourt, c'est-à-dire à pied d'oeuvre les matériaux de construction, les moines façonnèrent eux-mêmes leur église.



Edifiée à la même époque que l'église St-Nicaise, c'est-à-dire au milieu du XI siècle. Sa tour carrée et son abside appartiennent bien à l'époque romane primitive.




Le clocher franchement roman, s'élève au-dessus du croisement du sanctuaire et de la nef; sa base repose sur quatre piliers carrés et se compose d'un étage supporté par des voûtes d'arêtes, (comme celui de l'église d'Arthies), percé sur chaque face de deux baies en plein cintre reposant chacune sur deux colonnettes engagées, surmontées de chapiteaux ornés de feuilles d'eau.

Un simple bandeau soutenu par des modillons, compose la corniche qui forme la base de la massive flèche en pierre octogonale dont les quatre piliers sont couronnés de pyramidions.
Cette lourde pyramide supportée par deux voûtes cylindriques ou voûtes d'arêtes, devait avoir les mêmes dimensions que celle de Boubiers. Le sommet de cette pyramide a été reconstruit dans des proportions moins élevées que lors de son édification. Nous n'avons pu trouvé de documents nous faisant connaître les causes de la ruine de cette partie de l'église.



Mais de l'extérieur et surtout de l'intérieur, il est facile de constater que cette reconstruction fut faite dans les dernières années du XIII siècle. A l'intérieur, l'église de Tessancourt, se compose d'une nef et de deux bas côtés, d'un sanctuaire éclairé par trois fenêtres à plein cintre, terminé par un hémicycle.



La nef recouverte d'une simple charpente apparente, suivant la méthode adoptée au XI siècle, a été remplacée sur les bas côtés par un plafond; ses travées sont formées d'arcs plein cintre sans moulure, et s'appuient sur des colonnes et deux pilastres ornés de chapiteaux ou sont sculptés des feuilles d'eau recourbées, couronné par de simples tailloirs; les bases de ces colonnes sont garnies de griffes. Sur l'une de ces colonnes se voit encore une peinture représentant les armes de la famille de Vion.



Outre le portail ouvert dans le mur de la façade, il se trouve sur le coté droit une porte plein cintre à deux vantaux. Cette porte est précédée d'un petit porche aujourd'hui fermé de tout côté et servant de débarras. La chapelle de la famille de Vion, placée sur le côté méridional, est surmontée d'une voûte sur croisée d'ogive ornée d'une clef de voûte où étaient peintes les armes du seigneur de Tessancourt. La décoration sculpturale de cette chapelle est un travail du XVII siècle. Ce n'est que rinceaux et feuillages avec pendentifs représentant des fruits. Le centre de cette décoration est occupé aujourd'hui par une peinture représentant le « Bon Pasteur ». Au-dessus de l'encadrement de cette peinture sont sculptées les armes des Vion surmontées d'un cimier.
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La façon dont cette chapelle est décorée, montre la liberté laissée à l'artiste qui la composa. . Mais des restaurations, des adjonctions plus ou moins heureuses ont dénaturé l'ensemble de cette  chapelle où reposaient les membres des seigneurs de ce lieu et près de laquelle l'on voit adossée au mur la pierre tumulaire reproduite plus loin.



Les fonts baptismaux sont représentés par une cuve baptismale de la même époque que la chapelle, en pierre de forme ovale, creusée à fond de cuve, portée par une courte colonne cylindrique, elle est décorée sur une de ses faces d'un bas-relief représentant le baptême de Jésus-Christ et d'un ange présentant un linge. La décoration de cette cuve se termine par des têtes d'anges au-dessous desquelles, sur la colonne qui la supporte, sont ou plutôt étaient sculptées les armes de la famille de Vion, mais tellement martelées qu'elles sont à peines visibles.
Dans une niche creusée au-dessus de la porte de l'escalier du clocher, se voit une statue de bois polychrome représentant Sainte Anne. C'est une oeuvre un peu naïve de la fin du XIV siècle.A gauche du portail, une pierre de 1m70 sur 1m de large, se trouve gravée l'inscription suivante:

Joseph Bouillerot, ancien greffier des bâtiments, propriétaires à Tessancourt, décédé le 15 Août 1806 à l'âge de 85 ans, et Marie-Anne Guyot, son épouse décédée la même année à l'âge de 69 ans
Monsieur Guyot, négociant à Paris, son exécuteur testamentaire, a fait poser cette pierre en exécution de son testament du 27 mai 1806, et déposé chez Maître Duhamel, notaire à Meulan :
1- Je donne et lègue à l'église de Tessancourt une inscription sur l'État produisant 300 francs de revenu annuel, à la charge de la fabrique de faire dire et célébrer une messe haute de requiem pour le repos de l'âme de ma femme et de la mienne, le premier jour de chaque mois à perpétuité ou d'autres jours subséquents s'il y avait quelque empêchement pour le premier jour.
2- De faire dire chacun an deux messes de requiem et hautes le jour de chacun des décès de ma femme et de moi, à commencer un an après lesdits décès.
3- De payer pour chacune des dites messes :
   - A M le Curé, 8 francs,
   - Au premier chantre ou maître d'école, 4 francs,
   - Au second chantre, 2 francs,
   - Aux enfants de coeur, 1 franc,
   - Au bedeau, 30 sols.
4- De payer en outre pour chacun an au Curé ou desservant la somme de 10 francs pour l'entretien des livres.
5- De payer au maître d'école chaque année 20 francs pour le chauffage de l'école.
6- De fournir pour la célébration des dites messes le pain, vin, luminaire et ornements convenables et faire précéder de sonnerie la célébration.
Toutes les rétributions ci-dessus en faveur des curés, chantres et autres ne pourront être imputées sur celles à eux accordées soit par l'État, soit par la commune ou municipalité de Tessancourt, soit par le public.
La dite épitaphe contenant cette disposition sera attachée et entretenue aux frais de la fabrique.

La cloche qui avait été enlevée à la révolution et celles qui avaient été fêlées en 1808 furent remplacées par M.Guyot.
La fourniture des deux cloches au poids sensibles d'environ 750 kilos reprenant celle qui est cassée existant dans le dit clocher pour le prix de 1200 francs.
Les cloches furent refondues en 1865.




Un mémoire du 29 octobre 1846, ainsi conçu : fait et fourni par moi Michel Châtelain pour l’église de Tessancourt. Avoir mis un bout de neuf à la corde de la grosse cloche de trois mètre long environ à un franc 70 centimes le mètre.
Frais total: Fr. 5,10
Pour acquit : Châtelain, cordier.

Références : Archives de la Commune de Tessancourt, série G, enregistré à Meulan Juillet 1808, par Me Duhamel, Notaire.

 





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