La restauration de l'église au cours du temps

Rappel historique sur Tessancourt

La Seigneurie de Tessancourt

Une charte de Galeran 1er datée du mois d'octobre 1056 mentionne Tessancourt comme faisant partie d'une terre donnée aux moines de Jumièges.

En 1069, l'église est remise à l'abbaye du Bec par le Comte de Meulan.

Une charte de 1142 précise que les habitants de Tessancourt sont exempts des redevances du droit de coutume et tonlieu sur les denrées et marchandises qu'ils apportent au marché de Meulan.

L'ancien manoir des premiers seigneurs de Tessancourt est proche de la rivière de l'Aubette. Ce fief de la Maraîche prend le nom de fief Banthelu. Ce n'est qu'à la fin du XIIIème siècle que Jean de Banthelu devient seigneur de Tessancourt et fait construire sur une butte, un château nommé Horzeaux.

Au XVIème siècle, la totalité de la seigneurie de Tessancourt passe dans la famille de Vion. En 1644, Henri de Vion engage un procès à l'encontre de Claude de Lorraine, Abbé du Bec Hellouin qui se qualifiait indûment du titre de Seigneur de Tessancourt.

Au XVIIIeme siècle, nous savons que le fief de l'église de Tessancourt comprenait l'église, le cimetière et son pourtour et un arpent de terre relevant du seigneur Suzerain de Meulan.

Par acte passé le 16 mars 1780 devant Maître Chesnon, notaire à Meulan, Antoine de Vion déclare que sa terre et seigneurie de Tessancourt, relève du Roi et du Prince de Conti.

L'Eglise Saint Nicolas

Placée sous le vocable de Saint-Nicolas, l'église dépend du diocèse de Rouen, du vicariat de Pontoise, doyenné de Meulan.

Le droit de nommer à la cure appartient à l'abbaye du Bec Hellouin depuis 1069.

De l'église originelle du milieu du XIème siècle, doit être rattaché le fût du clocher élevé à la croisée et surmonté d'une flèche de pierre dont le sommet a été reconstruit selon des proportions moins élevées.

La nef de quatre travées à piles circulaires et arcades remonte également à la fin du XIème siècle. La belle charpente aux poinçons moulurés cachée par un plafond lambrissé, est du XVème siècle.

Les bas-côtés nord et sud plafonnés présentent les particularités suivantes :
o Au nord-ouest, le mur de fond de la première travée est implanté de façon biaise par rapport à la façade occidentale. Ce mur suit le tracé de la voie qui longe l'édifice au nord,
o Le bas-côté sud ne commence qu'à hauteur de la quatrième travée de la nef. Un porche à perron donne accès directement dans la nef de l'église au droit de la troisième travée.
o bien que la nef et les bas-côtés soient plafonnés, il convient de remarquer la présence de contreforts saillants venant raidir les goutterots nord et sud des bas-côtés.



A hauteur de la croisée voûtée d'arêtes, le croisillon sud abrite la chapelle de Vion, voûtée à croisées d'ogive ornées d'une clef de voûte où étaient peintes les armes du Seigneur de Tessancourt. Le retable en pierre du XVIIème siècle porte les armes des Vion surmontées d'un cimier.

Le choeur, de plan polygonal, est également voûté d'un cul de four.

L'église a été bâtie avec de la pierre d'aspect jaunâtre tiré du sol de Tessancourt qui comptait alors de nombreuses carrières. Cette même pierre a d'ailleurs été utilisée pour l'église toute proche d'Hardricourt.
En 1837, le cimetière qui se trouvait autour de l'église est transféré au lieudit "La Cavée"et converti en place publique. Un mur et le presbytère entouraient encore en 1901 l'espace sud rendant inaccessible le porche sud depuis le village. Aujourd'hui, l'édifice est isolé et un parking a été aménagé le long du bas-côté nord.
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Travaux exécutés sur l'église depuis 1930

15. 3. 1930 
Classement de l'édifice inscrit à l'inventaire supplémentaire depuis le 12 juin 1928.
Juillet. 1931
Mesures d'urgence prise par P. Genuys A.C. M. H. pour étayer le plafond. Un entrait de la charpente de la nef est pourri.
 Décembre 1932
 L'édifice menace ruine par suite des nombreuses infiltrations provenant de la couverture. P. Genuys dépose un projet de restauration.
 Mai 1933
 Marcel Aubert, président de la S.F.A. constate le triste état de la couverture, "laquelle tombe en miettes".
 Eté 1934 
 Le plancher de la sacristie s'effondre. Les dégâts sur l'édifice se sont considérablement aggravés.
 Janvier - Mars 1935
 Les travaux de réfection des charpentes et couvertures sont exécutés.   
Janvier 1937  
Aménagement du terrain situé au sud de l'église et déplacement du monument aux morts. Le perron d'accès sud est démoli.
 Juillet 1939  
 E. Chauliat, A.C.M.H., dépose un projet portant sur la réfection des parements extérieurs, le rejointoiement du clocher, la mise en place d'un revers pavé le long du goutterot nord.
 Août 1941
 Projet de restauration de la couverture du chevet par E. Chauliat, A.C.M.H.               
Mars 1944
Une partie de la flèche en pierre est atteinte à la suite des bombardements. Les tuiles de la couverture sont désorganisées et des vitraux détruits. E. Chauliat, A.C.M.H., établit le projet des travaux de réparation en mai 1944.
 Novembre 1944
 Un crédit a urgence est mis a disposition pour reparer les dégâts
1954
Rapport de R. Camelot, A.C.M.H., signalant le très mauvais état des maçonneries du goutterot S.O. de la nef, la présence de lézardes sillonnant la façade occidentale, la dégradation des contreforts nord. A l'intérieur, très mauvais état du pilier et de la grande arcade de la première travée de la nef. Les entraits du bas-côtés sont à remplacer.
 Janvier 1957 
 Projet de R. Camelot, A.C.M.H., portant : sur la restauration des maçonneries du goutterot sud et nord de la nef, de la voûte du transept, des charpentes de la nef et bas-côtés, ainsi que les lambris, des maçonneries du clocher.
 Décembre 1957
 Projet complémentaire concernant la fourniture et pose de vitraux losanges et la réfection des enduits intérieurs
 1959
 Exécution des travaux projetés en 1957.
 Janvier 1974 
 Réfection du porche sud par P. Lablaude, A.C.M.H., (auvent, emmarchements, et enduit à pierres vues sur goutterot sud de la nef).
 Mars 1977 
 Projet de C. Rochette, A.C.M.H., pour assainir les façades nord et sud et remise en état du sol intérieur de l'édifice, (réfection des bas de  couverture , pose de gouttières).
 Décembre 1986
 Rapport de C. Rochette, A.C.M.H. sur la nécessité de consolider la façade occidentale

Etat sanitaire de la façade occidentale


L'examen de la façade occidentale fait apparaître la présence de plusieurs fissures indiquant un mouvement des maçonneries. L'orientation de celles-ci pouvait laisser supposer une défaillance des fondations, complétée par la présence d'un léger déversement vers l'extérieur des parties hautes du pignon.

Deux sondages ont donc été commandés aux angles nord et sud de la façade occidentale et complétés par la suite par deux autres sondages, l'un contre le premier contrefort du goutterot nord, l'autre contre le goutterot sud à hauteur du transept.

Il apparaît que toute la partie occidentale de l'édifice n'est fondée que très superficiellement à une profondeur  allant de 0,20 à 0,55 m y compris pour le retour du goutterot sud de la nef où un sondage complémentaire a été exécuté contre la première marche du perron sud.

Par contre, la fondation des murs goutterots des bas-côtés est plus profonde. Elle se situe à 0.75 m.
Une inspection des charpentes fait par ailleurs découvrir un très fort déversement des fermes et chevrons vers l'ouest. En outre, les pièces horizontales du sous faîtage formant contreventement sont scellées dans le mur pignon de la façade occidentale et transmettent en conséquence sur cette maçonnerie la poussée des éléments de charpente déversés.

Il est donc indispensable de prévoir la réalisation des opérations suivantes :

o   Reprise en sous-oeuvre des fondations de la partie occidentale de l'édifice comprit entre le premier contrefort nord et l'emmarchement du perron sud,
o   Annulation des poussées des charpentes vers l'ouest par mise en place d'un tirant métallique passant à hauteur de la membrure inférieure du sous faîtage et ancré dans un chaînage en béton placé dans l'épaisseur du mur ouest du fût du clocher,
o Désolidarisation des pièces du sous faîtage ancrées dans la maçonnerie du pignon.
Après l'exécution de ces travaux de consolidation, il conviendra de remailler les fissures de la façade occidentale. Les échafaudages seront mis à profit pour exécuter un enduit à pierres vues sur l'ensemble de la façade afin d'harmoniser celle-ci avec l'enduit du mur goutterot sud de la nef exécutée en 1974.
L'entourage de l'oculus et de l'arc en segment de la porte d'entrée de la façade ouest revêtu d'un enduit fort épais sera supprimé.

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Restauration de la façade ouest

Programme
Les travaux en cours prennent en considération la restauration de la façade ouest de l'église, Ils comprennent :
o La reprise en sous-oeuvre de la façade ouest et de ses retours nord et sud dont les fondations sont totalement inexistantes.
o   Le ravalement de la façade ouest et du bas côté nord, avec restauration des ouvrages en pierre de taille érodés ou éclatés, et remaillage des maçonneries dégradées à l'extérieur et à l'intérieur de l'édifice.
o   La révision des vitraux des façades traitées.
o   La neutralisation des poussées de la charpente par mise en place de tirants au niveau du sous faîtage de nef, ancrés dans le mur ouest du clocher.

L'opération nécessite l'intervention des corps d'état suivants :
o   Maçonnerie - Pierre de taille,
o   Vitraux,
o   Charpente.

Description des ouvrages projetés 

Reprises en sous-oeuvre
Les reprises en sous-oeuvre seraient réalisées depuis le premier contrefort du bas côté nord jusqu'au perron de façade sud et nécessiteraient les travaux suivants:
o Démolition de l'enrobé de trottoir, côté nord.
o Dépose avec soin du pavage et de l'emmarchement en façade ouest, stockage sur le site,
o Retroussis de gravillon, côté sud.
o Fouilles en tranchées et en sous-oeuvre pour dégager la base des murs et ménager l'emplacement des fondations,
o Exécution de fondations par de la pierre de pays, de nature, texture et teinte identiques à celle existante,
o Remblaiement des terres en tranchées et réfection des sols et emmarchements,
o Évacuation des terres et gravois aux décharges publiques.

Ravalement de la façade ouest et du bas-côté nord

o   En extérieur, installation d'échafaudages de pied au droit des façades ouest de la nef et du bas-côté nord, avec protections réglementaires, palissades, bâches et signalisations.
o   En intérieur, installation d'échafaudages de pied au droit des murs ouest et nord de la nef.
o Clôture du secteur d'intervention, à l'intérieur de l'église, par palissades légères, doublées de film plastique, pour étanchéité à la poussière et façon et réservation d'un passage d'accès à l'édifice.
o   Dépose et  repose   du   portail   d'entrée   en   façade   ouest  y  compris   descellement  et recèlement des  gonds afin de permettre   la réfection des travaux  de  réfection de maçonnerie en tableaux et arc de baie.
o   Protection des vitraux par film plastique au droit des façades à piocher.
o Remplacement des parties en pierre érodées ou éclatées par de la pierre de pays, de nature, texture et teinte identiques à celle existante.
o   Nettoyage et rejointoiement sur les assises en pierre conservées.
o Remaillage des lézardes sur façades, en extérieur et intérieur de l'édifice, en moellon de récupération ou neuf fourni, y compris démolition pour façon de harpes de liaison.
o   Injection et coulis de chaux au fur et à mesure des reprises.
o Après  dépose  des vitraux  de  façade  ouest par  le  Maître verrier,  descellement des barlotières et démolition de l'encadrement de l'oculus et de l'arc de portail, réfection en maçonneries de moellon taillé et appareillé.
o En extérieur, sur façade ouest de la nef et sur façades ouest et nord de bas-côté nord, piochement des enduits, dégradation des joints, et réfection d'enduit à pierre vue, en mortier de chaux aérienne teintée et raclée.
o Repose et scellement de barlotières, repose du vitrail par le Maître verrier, après révision.
o Réfection des calfeutrements des vitraux.
o A l'intérieur, au droit des remaillages de lézardes, façon de raccords d'enduits en mortier de chaux aérienne teintée avec patine d'harmonie.
o Chargement et évacuation des gravois aux décharges publiques.

Stabilisation de la charpente de nef

Les tirants de charpente projetés seraient ancrés dans une poutre en béton armé, encastrée dans le mur ouest du clocher; les travaux comprendraient :
o Côté intérieur du clocher, le refouillement dans la pierre de taille sur la hauteur de deux assises pour ménager l'emplacement de la poutre d'ancrage,
o Côté extérieur du clocher, le percement de trous carottés pour le passage des câbles tirants à ancrer sur la charpente,
o La fourniture de tirants constitués de deux câbles en acier inox, amarrés sur platines inox, en applique sur le poinçon côté ouest et scellés dans la poutre en béton armé côté est, y compris tendeurs lanternes,
o La mise en place, la mise en tension avec surveillance des mouvements de la charpente et le suivi des assemblages, y compris fourniture ou remplacement éventuel des chevilles après mise en tension,
o Le descellement des pièces de charpente scellées dans le pignon ouest, avec équarrissement des trous, la façon de sommiers d'appui et la mise en place de semelles permettant la libre dilatation du bois,
o La façon de la poutre d'ancrage en béton armé, avec mise en place et scellement des abouts de tirants, en coordination avec le charpentier,
o La restitution du parement d'origine, au devant de la poutre d'ancrage, en pierre de pays de même nature que celle déposée,
o En complément, le remplacement d'assises et claveaux en pierre de taille très dégradés et la réfection des joints sur l'ensemble du parement en pierre conservé,
o L'évacuation des gravois aux décharges publiques.





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